5ème dimanche de carême 2020

Immergés dans la réalité de ce temps.

Contemplons le Christ face à nos peurs, nos craintes, nos enfermements, nos questions, nos générosités. Nos désirs de vivre oui mais comment ?

 

Voici les lectures de la messe de ce 5ème dimanche de Carême. (29 mars)

Avec quelques pistes de réflexion pour une prière personnelle et communautaire.

Nous pourrions commencer par cette invocation :

« Seigneur, ouvre nos cœurs à l’intelligence des Ecritures ; conduis-nous là où se trouve le vrai bonheur ».

 

PREMIÈRE LECTURE :  Lecture du livre du prophète Ézékiel Ez 37, 12-14

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple,
et je vous ramènerai sur la terre d’Israël.  Vous saurez que Je suis le Seigneur quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon esprit,
et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur :
j’ai parlé et je le ferai – oracle du Seigneur.  – Parole du Seigneur.

PSAUME (Ps 129 (130), 1-2, 3-4, 5-6ab, 7bc-8)

R/ Près du Seigneur est l’amour, près de lui abonde le rachat. (Ps 129, 7bc)

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière !

Si tu retiens les fautes, Seigneur, Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon pour que l’homme te craigne.

J’espère le Seigneur de toute mon âme ; je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.

Oui, près du Seigneur, est l’amour ; près de lui, abonde le rachat.
C’est lui qui rachètera Israël de toutes ses fautes.

DEUXIÈME LECTURE Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 8, 8-11)

Frères,  ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu.
Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes.  Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts
habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les mort donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous  – Parole du Seigneur.

 

Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi.
Moi, je suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur. Celui qui croit en moi ne mourra jamais.
Gloire à toi, Seigneur, gloire à toi. (cf. Jn 11, 25a.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Jn 11, 1-45)

    En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade.

 Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
 En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »  Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
    Quand il apprit que celui-ci était malade il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.


    Puis, après cela, il dit aux disciples :
« Revenons en Judée. »  Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? »
    Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ?
Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ;
    mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. »


    Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »  Les disciples lui dirent alors :
« Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »  Jésus avait parlé de la mort ;
eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! »
    Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples :

« Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

    À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
    Comme Béthanie était tout près de Jérusalem à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –,   beaucoup de Juifs étaient venus  réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus :  Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera.  Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »

Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
    Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »

 Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas :« Le Maître est là, il t’appelle. »

  Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.  Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.

  Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit :
« Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. »  Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! »  Mais certains d’entre eux dirent :
« Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

    Jésus, repris par l’émotion arriva au tombeau.
C’était une grotte fermée par une pierre.  Jésus dit :« Enlevez la pierre. »
Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. »
    Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
    On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce
parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »  Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »
    Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire.
Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie
et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

Méditation :

1 – Prenons le temps de lire et relire cette page d’évangile. Laissons retentir en nous ce qui nous surprend,  ce qui nous interroge, les appels que nous entendons

Regardons de près l’attitude de chaque personnes présentes : Marthe, Marie, les amis juifs, les disciples, Jésus 

Nous reconnaissons-nous dans ces attitudes, en fonction de ce que nous vivons aujourd’hui ?

2- Quelle pédagogie de Jésus ? Pour nous conduire où ?

 

 

 Introduction à la prière :

Nous sommes au dernier dimanche avant la grande semaine sainte.  Nous célèbrerons notre salut en Jésus-Christ.  Jésus nous entraîne dans sa Pâque, dans son passage selon ce monde à la vie avec Dieu.

Par sa compassion pour nous, par sa propre passion, par le don de sa vie (sa mort), sa Résurrection par le Père) Jésus nous conduit jusqu’à sa Résurrection, jusqu’à notre propre résurrection.

 « Ton frère ressuscitera ». « Je suis le Résurrection ».

Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ! Crois-tu cela ? »

 

Confiant en cette Parole, tout devient possible :

Dans ce texte, que d’enfermements ! :

La maison de la tristesse et des pleurs,

Les jugements rapides des uns et des autres sur Jésus

Le tombeau où repose le mort depuis déjà 4 jours, les disciples comme toujours à côté de la plaque ! 

 

Points de conversion :

 

A l’annonce de l’approche de la Pâque de Jésus, comme Marthe et Marie, acceptons de sortir de nos enfermements, de nos lamentations des uns sur les autres, de nos peurs, de nos angoisses.

Ayons l’audace, comme elles,  d’ adresser à Jésus nos points de souffrances, nos blessures, nos incompréhensions :  « Si tu avais été là …. »

Laissons-nous, comme elles, transformer par Jésus. Il n’est pas homme à se joindre aux pleurs et lamentations mais à se laisser toucher par ce qu’ils produisent en nous.

Jésus est ému et il pleure. Mais il n’est pas esclave de son émotion et de ses pleurs.

Cela ne porte pas atteinte  à sa mission de rendre la vie et de nous conduire à elle.

« Enlevez la pierre », « Si tu crois tu verras la gloire de Dieu ».

Comme Jésus, agissons, non pas en notre nom, mais au nom de Dieu, pour sa gloire. 

 « Je dis cela à cause de la foule qui m’entoure »  

Alors peut s’accomplir l’impossible :

« Lazare, viens, dehors ». Jésus maître de la mort.

« Déliez-le et laissez-le aller ! ».  Jésus agit avec nous et par nous.

Le salut s’accomplit aujourd’hui, devant nos yeux.

 

Alors vient le temps de la reconnaissance : Beaucoup crurent en lui.

 

Quelle action de grâces j’ai envie de dire à Dieu ?